Acheter un bien immobilier se joue en six étapes : définir son budget, obtenir un accord de prêt, visiter, faire une offre, signer le compromis, puis l’acte chez le notaire. Compte 7 à 8 % de frais en plus du prix dans l’ancien. Le bon achat se prépare bien avant la première visite.
Les étapes pour acheter un bien immobilier
Acheter un bien immobilier se déroule toujours dans le même ordre, du financement à la signature. Connaître ces étapes évite de visiter des biens hors budget ou de perdre une affaire faute d’être prêt.
- Définis ton budget réel, frais de notaire compris.
- Fais valider ta capacité d’emprunt par une banque ou un courtier.
- Visite, compare et vérifie l’état du bien.
- Fais une offre d’achat écrite et négociée.
- Signe le compromis de vente, avec ses conditions suspensives.
- Signe l’acte authentique chez le notaire, en moyenne trois mois plus tard.
Entre le compromis et l’acte, l’acheteur dispose d’un délai de rétractation de dix jours, pendant que la banque finalise le prêt et que le notaire monte le dossier.
Boucler son financement
Le financement conditionne tout le reste. En 2026, les taux de crédit immobilier gravitent autour de 3 à 3,5 % sur vingt ans selon les profils, d’après les courtiers. Un courtier compare les banques et négocie le taux, l’assurance et les frais de dossier, souvent pour un gain supérieur à son coût. Garde une épargne de précaution après l’achat : vider son apport jusqu’au dernier euro fragilise le budget au premier imprévu, et une chaudière se remplace rarement au moment prévu.
De l’offre au compromis
Une offre d’achat se formule par écrit, à un prix argumenté plutôt qu’au prix affiché. Une fois acceptée, le compromis de vente fixe le cadre et les conditions suspensives, dont l’obtention du prêt : si la banque refuse, tu récupères ton dépôt. Acheter à un particulier, sans agence, fait économiser la commission mais demande de la vigilance sur les diagnostics et les titres ; des plateformes comme PAP mettent en relation acheteurs et vendeurs directs.
La signature chez le notaire
L’acte authentique officialise la vente. Le notaire vérifie les titres de propriété, purge les éventuels droits de préemption de la commune, collecte les fonds et publie la mutation. C’est aussi lui qui prélève les fameux frais de notaire. La remise des clés intervient à la signature, sauf accord particulier entre les parties. Prévois le temps administratif : entre l’offre acceptée et l’acte, trois à quatre mois s’écoulent souvent, le temps de réunir les diagnostics, l’accord de prêt définitif et les documents d’urbanisme.
Le budget : frais de notaire, apport et taux en 2026
Au-delà du prix affiché, acheter un bien immobilier coûte 7 à 8 % de plus dans l’ancien, principalement à cause des frais de notaire. Ces postes annexes se chiffrent vite et se préparent en amont.
Les frais de notaire en 2026
Les frais de notaire représentent environ 7 à 8 % du prix dans l’ancien, contre 2 à 3 % dans le neuf, selon les barèmes 2026. L’essentiel n’est pas la rémunération du notaire mais les droits de mutation versés à l’État et au département. Depuis le 1er avril 2025, la loi de finances autorise les départements à relever ce droit de 4,5 % à 5 % du prix, et près de 90 % l’ont voté, jusqu’en avril 2028. Bonne nouvelle pour les primo-accédants : le budget 2026 prévoit une réduction pouvant atteindre 50 % de ces droits, sous conditions. Vérifie le taux appliqué dans ton département, car il varie de l’un à l’autre.
Apport, prêt et taux
Les banques attendent en général un apport couvrant au moins les frais, soit autour de 10 % du prix, même si certains profils empruntent sans apport. Ta mensualité ne devrait pas dépasser 35 % de tes revenus, assurance comprise, seuil que les banques surveillent de près. Compare plusieurs établissements ou confie cette recherche à un courtier, parce qu’un demi-point de taux change le coût total de plusieurs milliers d’euros sur vingt ans. Pense aussi à l’assurance emprunteur, que tu peux déléguer pour réduire la note.
Les autres frais souvent oubliés
Les frais de notaire ne sont pas la seule dépense annexe. Prévois la commission d’agence quand le bien passe par un intermédiaire, les frais de garantie du prêt (caution ou hypothèque), les frais de dossier bancaire, puis la taxe foncière chaque année et le coût du déménagement. Sur un achat dans l’ancien, ajoute une enveloppe travaux : peu de biens échappent à quelques rafraîchissements la première année. Additionnés, ces postes pèsent plusieurs milliers d’euros qu’il vaut mieux chiffrer avant l’offre.
Le coup de pouce du premier achat
Le prêt à taux zéro (PTZ) finance une partie de l’achat sans intérêts. Depuis avril 2025, il est ouvert à tous les primo-accédants et couvre le neuf sur tout le territoire, prolongé jusqu’à fin 2027. Dans l’ancien, il finance l’opération si les travaux atteignent au moins 25 % du total, ce qui récompense ceux qui rénovent leur bien. Les plafonds de ressources et de montant conditionnent l’octroi : passe par un simulateur officiel avant de t’engager, et croise le PTZ avec les prêts employeur comme Action Logement.
Est-ce le moment d’acheter en 2026 ?
Le marché immobilier se redresse doucement en 2026, sans flambée. Selon les Notaires de France, les prix des logements anciens progressent de 1,1 % sur un an fin 2025, après deux années de baisse, et les anticipations 2026 tournent autour de 1 à 1,7 %. Les taux se sont stabilisés près de 3 %, ce qui redonne du pouvoir d’achat aux emprunteurs. Le marché s’ajuste désormais par la négociation et l’allongement des délais plus que par des chutes de prix brutales ; suis les tendances de prix de ta zone avant de te décider. Compare aussi le coût d’un achat à celui d’une location équivalente : au-delà de quelques années dans le même logement, acheter devient souvent plus avantageux, frais inclus. Le bon moment reste celui où ton projet et ton financement sont solides, pas une date sur un graphique.
Comment savoir si c’est un bon achat
Un bon achat tient à trois choses : l’emplacement, l’état réel du bien et les charges qui l’accompagnent. Le coup de cœur se vérifie toujours par les chiffres.
L’emplacement prime, parce qu’il ne se change jamais. Vérifie les transports, les commerces, les nuisances et le potentiel du quartier sur le long terme, car un bon emplacement protège la valeur à la revente. Côté état, lis attentivement les diagnostics : le dossier de diagnostics révèle le DPE, l’état de l’électricité, la présence d’amiante ou de plomb. Un mauvais DPE n’est pas rédhibitoire, mais il pèse sur la facture énergétique et limite la mise en location. En copropriété, demande les charges et les travaux votés en assemblée : des charges de syndic élevées grèvent un budget plus sûrement qu’un loyer. Un prix se négocie presque toujours : appuie-toi sur les biens comparables réellement vendus, pas sur les prix affichés des annonces voisines. Une marge de 5 à 10 % reste fréquente sur un bien qui se vend lentement, beaucoup moins sur un logement rare et bien placé.
Les pièges à éviter quand on achète
Quelques erreurs coûtent cher et reviennent souvent. La première, c’est de tomber amoureux d’un bien et d’oublier de chiffrer les travaux : un diagnostic énergétique médiocre ou une toiture fatiguée transforment une bonne affaire en gouffre. La deuxième, c’est de négliger les charges et la fiscalité, taxe foncière comprise, qui s’ajoutent chaque année à la mensualité. La troisième, c’est de signer sans conditions suspensives solides : sans la clause de prêt, tu perds ton dépôt si la banque refuse. Vient ensuite l’achat à la hâte dans un marché tendu, qui fait sauter les vérifications de base. Prends le temps d’une seconde visite, à un autre moment de la journée, pour juger le bruit et la lumière réels avant de t’engager.
Vendre un bien : les clés côté vendeur
Vendre un bien immobilier se prépare autant qu’un achat. Commence par une estimation juste, fondée sur les ventes récentes du secteur et non sur tes espoirs : un bien surévalué reste en vitrine et finit par se brader. Choisis ensuite entre vendre seul ou via une agence : l’agence facture une commission mais gère les visites, le tri des acheteurs et la sécurité juridique de la transaction. Le DPE est obligatoire dès la mise en annonce, et un logement bien classé se vend plus vite et plus cher. Soigne la présentation, car la première impression se joue en quelques secondes : désencombrer, neutraliser et réparer les détails accélère la vente sans gros budget. En 2026, compte environ 98 jours en moyenne pour vendre une maison, soit un peu plus de trois mois entre la mise en vente et le compromis, selon les données notariales. Anticipe aussi la fiscalité : sur un bien autre que ta résidence principale, la plus-value à la revente est imposable, avec des abattements selon la durée de détention ; la résidence principale, elle, en est exonérée. Pour certains profils, des solutions comme le viager offrent une alternative à la vente classique.
FAQ
Comment se passe l’achat d’un bien immobilier ?
En six étapes : définir son budget frais compris, faire valider sa capacité d’emprunt, visiter et vérifier le bien, faire une offre écrite, signer le compromis avec ses conditions suspensives, puis l’acte authentique chez le notaire environ trois mois plus tard. Entre le compromis et l’acte, l’acheteur dispose d’un délai de rétractation de dix jours et la banque débloque le prêt.
Quels frais s’ajoutent au prix d’achat ?
Les frais de notaire, soit environ 7 à 8 % du prix dans l’ancien et 2 à 3 % dans le neuf en 2026. Ils sont surtout composés des droits de mutation versés à l’État et au département, pas de la rémunération du notaire. S’ajoutent l’éventuelle commission d’agence, les frais de dossier bancaire et la garantie du prêt. Les primo-accédants peuvent bénéficier d’une réduction des droits selon leur département.
Quelles aides pour un premier achat immobilier ?
Le prêt à taux zéro (PTZ) finance une partie de l’achat sans intérêts. Depuis avril 2025, il est ouvert à tous les primo-accédants et couvre le neuf sur tout le territoire, prolongé jusqu’à fin 2027 ; dans l’ancien, il faut des travaux représentant au moins 25 % de l’opération. S’y ajoutent une possible réduction des droits de mutation et des prêts employeur comme Action Logement, sous conditions de ressources.





